Une alliance sacrée vole au secours de l’industrie vaudoise

Article paru dans 24heures le 16 juillet 2015

Franc fort Le fonds de soutien à l’industrie du canton devrait être accepté aujourd’hui par le Grand Conseil à une quasi-unanimité

Tout se précipite. Le 27 avril dernier, Philippe Leuba, ministre libéral-radical vaudois de l’Economie, a dévoilé un projet cantonal de fonds de soutien à l’industrie doté de 17,5 millions.

Il comptait alors sur une validation du Grand Conseil à l’automne prochain. Président de la commission chargée d’examiner ce projet, le député socialiste Nicolas Rochat a pourtant livré son rapport il y a dix jours. Dès lors, le Grand Conseil devrait valider ce fonds aujourd’hui déjà. Cette accélération témoigne de la volonté du Canton de s’entendre sur des palliatifs au franc fort.

L’issue du débat ne fait pas un pli. La seule dissonance proviendra du groupe La Gauche et SolidaritéS. «Nous déposerons un amendement pour que les soutiens financiers soient soumis à deux conditions», annonce Jean-Michel Dolivo.

Première condition souhaitée: aucune aide ne devrait être accordée à des entreprises qui ont pratiqué des baisses de salaires ou des licenciements pendant l’année écoulée. La seconde condition imposerait aux bénéficiaires de ne pas péjorer les conditions de travail pendant l’année suivant l’octroi de l’aide. Si son amendement n’est pas accepté, la «gauche de la gauche» s’abstiendra.

Dans tous les cas, «le règlement d’application fixera quelles sociétés peuvent être subventionnées ou non», observe Nicolas Rochat. Qui souligne que la commission qu’il présidait a elle-même accepté le projet du Conseil d’Etat à l’unanimité. «C’est le résultat d’un compromis entre partenaires sociaux», ajoute le socialiste qui est aussi chef de son groupe parlementaire.

Il ne manque pas de rappeler que l’idée du fonds vient du syndicat Unia et que le gouvernement élu avec une majorité de gauche en 2012 l’a inscrite dans son programme de législature.

Changement de paradigme

Un groupe de travail composé de représentants des associations économiques et de ce syndicat planche sur ce projet depuis 2011. «La principale nouveauté implique un vrai changement de paradigme. Elle consiste en des prêts à des entreprises qui permettront au canton de préserver ses emplois dans le secteur de l’industrie», relève Nicolas Rochat.

La droite et les associations économiques insistent sur le cautionnement des emprunts bancaires qui seront accordés dans le cadre du nouveau fonds. Il ira jusqu’à doubler les garanties que les entreprises peuvent déjà obtenir par l’entremise de l’Office romand de cautionnement. Cela facilitera l’obtention de financements jusqu’à 1 million de francs. (24 heures)

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