Le toit du parlement refait parler de lui

Article paru dans le 24heures le 21 juillet 2015

Architecture Le député PLR Pierre Volet, qui sous-traite en Allemagne, a décroché le marché public de la charpente parce qu’il était le moins cher, selon l’Etat.

Un nouvel épisode dans le feuilleton du toit du Parlement cantonal qui a déjà changé de forme et de matériau. Au début du mois, l’Etat a répondu à l’interpellation du député socialiste Nicolas Rochat Fernandez. Celui-ci s’interrogeait sur «l’exemplarité» de la construction du futur toit du Parlement. L’attribution du marché public à l’entreprise du député PLR, Pierre Volet, le laisse perplexe. Plus particulièrement: l’entrepreneur va faire transformer le bois en Allemagne pour des questions de coûts, alors que les autorités avaient claironné vouloir du bois vaudois pour ce bâtiment emblématique.

«Le Conseil d’Etat n’était pas au courant du transport du bois en Allemagne, écrit le gouvernement dans sa réponse. En effet, comme il est d’usage, le libellé des articles de l’appel d’offres ne comportait pas la part et le détail de manutention, fourniture et transport pour chaque article.»

Nicolas Rochat Fernandez «regrette que le Conseil d’Etat ne propose pas d’alternative» puisque maintenant il sait que le bois prélevé dans les forêts vaudoises pour la construction du Parlement sera transformé en Allemagne. Le coût du transport ainsi que le prix payé par l’entreprise Volet SA ne sont pas connus de l’Etat. «Secret des affaires», est-il précisé dans la réponse du gouvernement. «Je comprends qu’il y ait un secret des affaires, abonde le député Nicolas Rochat Fernandez. Mais alors quand le Conseil d’Etat affirme que les autres entreprises étaient plus chères, en réalité on n’en sait rien.»

Car le coût a joué un rôle prépondérant dans l’attribution du marché public. «Une autre entreprise vaudoise a soumissionné, explique le Conseil d’Etat. Le facteur économique a constitué le critère déterminant pour lequel son offre n’a pas été retenue. En effet son coût était supérieur de plus de 30% à celui de l’entreprise qui a remporté le marché.» Il faut préciser que le soumissionnaire malheureux a calculé son offre avec les tarifs d’une entreprise helvète pour la transformation du bois (ndlr: Schilliger AG), dans un souci d’une labellisation suisse.

«Je regrette que la construction de ce bâtiment emblématique ne soit pas exemplaire. Il ne sera probablement pas certifié bois suisse (COBS), pense Nicolas Rochat Fernandez. En conclusion, cette affaire rappelle les arrangements entre radicaux des années nonante.»

 

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