Le PS provoque la guerre des fonctionnaires politisés

Article paru dans 24heures le 28 août 2015

Grand Conseil – Alors que la gauche critique un préfet UDC, son parti veut savoir combien de socialistes travaillent à l’Etat.

Un thème comme l’asile, l’emploi ou l’écologie? Non. Pour entamer la campagne des élections fédérales d’octobre, les partis bataillent autour d’une question particulière: quelles sont les règles pour un employé de l’Etat qui veut s’engager en politique? D’un côté, les socialistes veulent savoir si le Conseil d’Etat a autorisé le préfet UDC du Gros-de-Vaud Pascal Dessauges à présider le dernier congrès de son parti. De l’autre, l’UDC demande au gouvernement combien, parmi les plus proches collaborateurs des ministres, sont affiliés à un parti.

Neutralité imposée
C’est le socialiste Nicolas Rochat Fernandez qui a ouvert les feux mardi au Grand Conseil en déposant son interpellation à propos de Pascal Dessauges: «Ce qui est choquant, ce n’est pas qu’un préfet ait assisté à une soirée de l’UDC, mais qu’il l’ait présidée, estime-t-il. La loi sur les préfets leur impose une neutralité la plus totale. Il ne s’agit pas d’employés comme les autres, mais des représentants du Conseil d’Etat dans les districts, avec en outre un pouvoir judiciaire. Cela aurait été le même problème si un préfet socialiste avait présidé notre assemblée.» Selon lui, il aurait soulevé la même question en dehors de toute période électorale.

Pascal Dessauges ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet actuellement. Quant au président du corps préfectoral, Jean-François Croset, il ne commente pas ce cas précis. Mais quelle est la règle générale? «Certains préfets ont une couleur politique, d’autres non, explique Jean-François Croset. La loi prévoit qu’en accédant à cette fonction, nous y devons tout notre temps, sans engagement politique actif.»

Qu’en dit le Parti libéral-radical (PLR), traditionnel allié de l’UDC au Grand Conseil, mais qui a refusé de s’apparenter pour les élections? Si le cas de Pascal Dessauges a choqué certains députés, le parti attend d’entendre le gouvernement avant de s’exprimer.

Vice-président de l’UDC Suisse et député au Grand Conseil, Claude-Alain Voiblet juge ce débat «intéressant, même s’il a pour but de dévaloriser le travail de l’UDC». Ce qu’il veut, c’est élargir le débat à l’ensemble des collaborateurs des états-majors du Conseil d’Etat en déposant sa propre interpellation mardi prochain. «Je ne remets pas en cause la qualité de leur travail au service de l’Etat, explique-t-il. Mais certains ne se privent pas de défendre la politique du Parti socialiste pendant leur travail en ayant accès à des informations privilégiées, voire d’attaquer le travail des députés.»

Intérêts concordants
Certains personnages-clés des états-majors sont politisés. Le conseiller national fribourgeois socialiste Jean-François Steiert est le délégué vaudois aux affaires intercantonales du Département de la formation d’Anne-Catherine Lyon. Le collaborateur personnel de la ministre, l’ancien député Olivier Gfeller, siège au Conseil communal de Montreux. Son homologue chez Nuria Gorrite, Benoît Gaillard, est conseiller communal à Lausanne et y préside la section du PS. Idem pour celui de la Verte Béatrice Métraux, Alberto Mocchi, qui est conseiller communal à Renens. A droite, le collaborateur de Philippe Leuba, Edouard Chollet, est municipal à Yvorne.

Pour Jean-François Steiert, son mandat politique n’entraîne pas de conflits. «Les intérêts vaudois en matière de formation sont généralement concordants avec ceux du Parti socialiste et par ailleurs des partis du centre droit», note-t-il. Il a réduit son temps de travail à 50% depuis son élection, en 2007, après avoir obtenu l’autorisation du Conseil d’Etat pour se présenter. Il estime passer bien plus de vingt?heures par semaine pour ses activités au service de l’Etat de Vaud. (24 heures)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *