Les roses prêts à croiser le fer sur le logement

Article paru dans le 24heures le 31 août 2015

Politique – Le PLR genevois Christian Lüscher a affirmé que le manque de logements n’existait pas en Suisse. Les socialistes s’énervent.

Les escarmouches de campagne continuent. Les propos tenus par le conseiller national genevois PLR Christian Lüscher dans 24 heures sur le logement ne sont pas passés inaperçus à gauche. Dans un article consacré à la polarisation gauche-droite sur le social, l’élu avait décrété qu’il n’existait pas de pénurie de logements en Suisse et que, s’il y en avait à Genève, c’était à cause d’un marché trop régulé par les lois.

Hier, le Parti socialiste vaudois a tenu à rectifier le tir. Nicolas Rochat-Fernandez, chef de groupe au Grand Conseil, et la conseillère nationale Rebecca Ruiz ont martelé, aux côtés du député Filip Uffer, que la pénurie n’était pas un mythe et que l’Etat devait à tout prix s’en mêler. Tous trois sont candidats aux élections.

«Cette pénurie est indéniable, s’enflamme Rebecca Ruiz, car elle est documentée, prouvée, année après année, par les pouvoirs publics, les banques, les institutions de prévoyance ou par différents instituts de recherche.» Aux yeux de la socialiste, il est «choquant» qu’un responsable politique nie cette réalité.

Pour joindre la parole à l’acte, elle promet de développer une interpellation se penchant sur le rôle que pourrait jouer PUBLICA, la caisse de pensions de la Confédération, en matière d’investissements immobiliers. L’élue demande que la caisse développe son offre de logements à loyers abordables.

Nicolas Rochat Fernandez a, quant à lui, fait valoir que le débat de la mi-septembre sur le logement au Grand Conseil sera décisif. «Nous soutenons le paquet logement du Conseil d’Etat avec ses modifications légales qui permettent d’attaquer la pénurie, poursuit-il. Mais il ne faudra pas que la droite écorne ce projet. Sinon, nous nous retournerons vers l’initiative de l’ASLOCA.» Cette dernière impose des outils légaux plus draconiens que le contre-projet du Conseil d’Etat. Le chef de groupe se montre dubitatif quant à l’issue des débats où la majorité de droite pèsera de tout son poids: «Les compromis obtenus de haute lutte en commission ne seront peut-être pas reconduits en plénum.»

Enfin, le député Filip Uffer, ancien directeur de Pro Senectute Vaud, a mis en avant le fait que les logements protégés, dont auront probablement grand besoin les baby boomers d’ici les années 2030, ne sont pas suffisamment régulés par l’Etat: «Aujourd’hui, n’importe quel promoteur peut utiliser le terme de logement protégé pour de bonnes raisons de marketing.» L’élu dépose donc aujourd’hui au Grand Conseil un postulat qui demande notamment que l’Etat se penche sur la question et encourage les constructions.

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