Non, nos offices de poste ne sont pas obsolètes !

Paru dans 24 heures du 9 novembre 2016

Ainsi donc, la direction de la Poste Suisse SA a présenté jeudi dernier son « réseau du futur » d’ici 2020. Cette nouvelle a immédiatement créé un tollé auprès des acteurs concerné et auprès d’une majeure partie de la population. Sous prétexte d’évolution sociétale et de nécessaire adaptation envers ses usager-ère-s, La Poste prétend étendre le nombre de ses points d’accès.

Or ne nous y trompons pas, ce fameux « réseau du futur » correspond tout simplement à de nouvelles suppressions en masse des offices de poste et a fortiori une diminution de la qualité des prestations et réduction du service public. Concrètement, ce n’est pas moins de 600 offices de postes qui seront supprimés et 1200 places de travail menacées d’ici l’échéance de 2020.

Dans sa stratégie de communication, La Poste omet bien évidemment de rappeler la fermeture de plus de 2000 offices de postes depuis 2001. Les faits démontrent que le Géant jaune, pour mener à bien sa restructuration, a usé d’une stratégie bien rôdée et démunie de toute transparence auprès des autorités concernées ainsi que devant ses usager-ère-s.

L’expression « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » illustre parfaitement ladite stratégie de restructuration : diminution des horaires d’ouvertures et du nombre de personnel au guichet des offices et l’on met ensuite les autorités communales devant le fait accomplis. Ainsi, toute perspective de maintien de l’office est a priori impossible, dans la mesure où ledit service a volontairement été rendu inefficace depuis longtemps.

Nous ne laissons donc pas tromper par des arguments touchant à la modernité pour une entreprise qui a effectué un bénéfice de 636 millions de francs en moyenne ces trois dernières années.

En ce qui concerne les solutions alternatives aux offices, soit les agences, ces dernières n’offrent aucunement l’ensemble des services. D’ailleurs et c’est le comble : les usager-ère-s se rendent quand même à l’office le plus proche qui se voit dès lors engorgé (sans que l’effectif du personnel augmente). Partant, la suppression d’un office en une agence diminue la qualité du service offert dans tous les cas.

Au vu de cette situation, les Cantons doivent, une fois pour toutes, prendre le dossier en main et ne pas rester passif sous prétexte que seule la Confédération est compétente.

En effet, on ne peut pas prôner le développement économique à tout va alors qu’en parallèle des régions entières subissent des pertes de places de travail et ce, tant dans nos campagnes que dans les centres urbains.

L’enjeu est donc de taille et au-delà de son aspect socio-économique, le présent débat participe aussi à celui relatif à notre identité nationale, La Poste ferait bien de s’en souvenir.

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