Pour une sécurité de l’emploi : Régulons le travail temporaire !

Depuis le début des années 90, le nombre de personnes employées via une entreprise de travail temporaire (ou de location de services) a quintuplé.

Selon l’enquête de l’Union syndicale suisse publiée en mai dernier, l’emploi temporaire touche près de 7% des personnes actives dans notre pays.

Quand bien même une CCT existe depuis 2012, le travail temporaire reste, la plupart du temps, une forme de travail très précaire.

En effet, la grande majorité des travailleur.se.s temporaires sont engagés dans une entreprise pour une durée déterminée seulement. Comme le démontre une récente étude publiée par l’association patronale Swisstaffing, la très grande majorité des entreprises ont recours aux emplois temporaires pour couvrir des besoins à court terme en personnel.

Alors que, en parallèle, la plupart des travailleur.se.s cherchent davantage un engagement de durée indéterminée et choisissent la solution du travail temporaire par défaut.

Le terrain révèle des inégalités de traitement entre travailleur.se.s fixes et temporaires, notamment en matière de rémunérations salariales (seulement le montant du salaire minimum pour les temporaires).

De plus, 1/3 des contrôles effectués dans les entreprises temporaires ont fait état de violations de la CCT précitée. Par ailleurs, l’agence yverdonnoise d’Adecco a été condamnée par la justice récemment après avoir licencié une femme durant sa grossesse et pour sa rémunération trop basse. La salariée avait signé pas moins de… 4 contrats entre 2016 et 2017 auprès de la même entreprise.

Enfin, on relève que, tant le SECO que les Cantons, n’effectuent pas de contrôle réguliers de ces entreprises temporaires, alors qu’ils sont eux-mêmes organes de surveillance.

Notre pays, aussi prospère soit-il, ne doit pas créer des formes légales de précarité de l’emploi et, partant, l’égalité de traitement doit être assurée entre employés fixes et temporaires, en matière de rémunérations, temps de travail et assurances sociales. Et, au terme d’une mission de 6 mois, le salarié doit avoir la possibilité d’être engagé en fixe.

Ainsi, l’emploi temporaire restera une possibilité alternative et atypique de trouver un emploi durable et non un principe général.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *